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Relations avec les autochtones en 2021

Le 13 janvier 2021, les zecs Festubert et Capitachouane ont fait parvenir une lettre conjointe au ministre du MFFP Monsieur Pierre Dufour, responsable des zecs pour qu'il intervienne auprès de son homologue Monsieur Ian Lafrenière, ministre des affaires autochtones, pour que nos préoccupations soient déposées à la table de négociation et que les chefs autochtones calment le jeu à l'intérieur de leur communauté.  Cette approche nous apparait plus respectueuse et plus efficace que d'utiliser la voie des tribunaux.

Voici l'intégrale de la lettre

St-Jérome, le 13 janvier 2021

Monsieur Pierre Dufour
Ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs
5700, 4e Avenue Ouest
Québec (Québec) G1H 6R1

OBJET : Demande de transmettre nos préoccupations aux autorités autochtones


Monsieur le Ministre,

Par la présente, les gestionnaires élus des Zecs Festubert et Capitachouane situées en Abitibi-Témiscamingue désirent porter à votre attention une situation très préoccupante vécue par nos membres en 2020 et que nous espérons ne pas revivre en 2021

Alors que les revendications officielles des communautés autochtones concernent spécifiquement la chasse à l’orignal sur le territoire de la réserve faunique La Vérendrye, dans la réalité, des menaces et intimidations ont été proférées à l’endroit des utilisateurs de nos deux Zecs durant la période de chasse réglementaire à l’orignal (saison 2020). Bien que nous ayons clairement indiqué aux autochtones qui nous interpelaient aux points d’accès que nous chassions en dehors des territoires revendiqués, leur comportement est demeuré le même.

Les principaux accès au territoire de ces deux Zecs furent bloqués durant la saison de chasse 2020. L’accès via la route 29 et le chemin Lépine nous était interdit, des arbres avaient été abattus en travers du chemin du secteur Sprague. Des menaces verbales ont été proférées nous disant de cesser toute chasse sur la Zec dans les années futures, des visites impromptues à des camps de chasse durant la période de chasse réglementaire ont été signalées, suivies parfois de nombreux tirs à la carabine le soir dans le but de faire fuir les animaux et nous décourager d’exercer notre droit légitime de chasser. Des autochtones ivres tirant des coups de feu ont également été signalés, rien pour nous donner le climat de calme et de sécurité tant recherché durant la chasse. D’autres ont érigé des barrages improvisés dans le but de « saisir » les orignaux abattus sur le territoire des Zecs, ce qui relève du vol comme en fait foi un reportage de l’émission « JE » présenté à la télévision l’automne dernier. Nous souhaitons maintenant que des solutions à long terme soient trouvées pour corriger cette situation déplorable et que des actions concrètes soient réalisées avant que des actes très regrettables et irréparables ne soient commis par une des deux parties.

Nous sentons depuis quelques années que ce n’est pas uniquement le territoire de la réserve faunique La Vérendrye qui est visé par ces revendications mais également les territoires fauniques structurés avoisinants, incluant celui de nos deux Zecs.

Depuis la création des Zecs en 1978, nous avons toujours maintenu des relations harmonieuses avec la majorité des membres des communautés algonquines qui fréquentent le territoire, les aidant et les dépannant dès que l’occasion se présentait. En ces lieux parfois inhospitaliers, cette aide mutuelle est très importante. Au fil des années nous avons entretenu ces bonnes relations avec la communauté du lac Simon située au nord de nos territoires. Cette communauté favorise la paix et l’harmonie et a refusé de joindre les actions reprochées. Cependant, avec la communauté du lac Barrière située au sud, les relations sont souvent plus tendues en raison de comportements inappropriés. À titre d’exemple, durant le conflit de l’automne 2020, lorsque les autorités autochtones avaient donné le mot d’ordre de démanteler les barricades, le 14 octobre dernier, des groupes disparates se sont improvisés et ont érigé de nouveaux barrages et ont patrouillé les routes des deux Zecs pour semer le chaos et la peur. À ce moment, des autochtones dont nous reprochons les comportements, ont même été aperçus à bord de véhicules immatriculés aux États-Unis et en Ontario. Ces gens venus d’ailleurs n’ont aucun intérêt à préserver la paix sociale et à maintenir de bonnes relations avec les membres des Zecs, contrairement à nous qui les avons côtoyés au cours de nos 42 ans d’existence.

Nous saluons la venue de votre collègue M. Ian Lafrenière, Ministre des affaires autochtones et l’amorce de négociations afin d’éviter l’érection de nouvelles barricades l’automne prochain. Notre préoccupation ne fera pas partie des négociations puisque les revendications visent seulement le territoire de la réserve faunique La Vérendrye, cependant ce problème est bien réel et cette table de négociations est le seul endroit où les chefs autochtones peuvent prendre connaissance du problème dans son entier et en évaluer les conséquences qui en découlent. Le message véhiculé doit venir de l’intérieur des communautés autochtones.

Dans le but d’améliorer la situation vécue en 2020, nous souhaitons que les services d’ordre (SQ et Protection de la faune) continuent d’intervenir de façon respectueuse afin de ne pas envenimer les tensions déjà présentes et puissent maintenir à long terme l’ordre public.

Nous vous demandons de faire part de nos préoccupations à votre collègue M. Lafrenière et nous vous laissons le soin de déterminer les meilleures actions à mettre en place pour que les autorités autochtones prennent charge de sensibiliser les membres de leurs communautés respectives à l’importance de ne pas discréditer leurs revendications par des actions irrespectueuses et inappropriées.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, mes salutations distinguées.


Gaétan Bégin 
Président – Zec Festubert

Gaston Wolfe

 Président – Zec Capitachouane